Impact financier pour les carrossiers



LE PARE -CHOCS a développé un aide-mémoire afin d’aider les carrossiers à mieux se préparer à l’arrivée de la technologie à base d’eau. Le présent dossier a pour objectif d’aider les gestionnaires à planifier leurs besoins et à évaluer la capacité opérationnelle de l’atelier, sans contredit les premières étapes d’une démarche de conversion pour tout carrossier. Utilisée conjointement avec les recommandations des manufacturiers de peinture, cette liste permet d’évaluer l’ensemble des changements nécessaires tout en sensibilisant l’industrie à l’impact financier du processus.


Liste des éléments à considérer pour l’évaluation des coûts de la transition


Il est généralement admis que la plupart des cabines à peinture à ventilation verticale, lorsque munies d’équipement de circulation d’air additionnel, conviennent au séchage et au durcissement des produits à base d’eau. Certaines cabines à ventilation horizontale, même lorsque modifiées, pourraient devoir être changées.

Des séances de formations sont essentielles pour les peintres et les gestionnaires afin d’assurer une transition efficace. Selon les manufacturiers, le nombre d’heures requis pour la formation d’un peintre à la technologie des peintures à base d’eau se situe entre 8 et 21 heures.

Un système de déplacement d’air additionnel est nécessaire pour réduire le temps de séchage de la peinture à base aqueuse et ainsi maintenir la productivité des ateliers. Plusieurs types d’équipements sont disponibles, dépendamment des besoins et des budgets de chacun.

o Séchoirs à main ou stationnaires (SATA, Devilbiss et Iwata)
o Système de soufflerie aux 4 coins (Junair Qads)
o Système Advance-cure
o Système Accele-cure (GARMAT, ventilateurs au plafond de la cabine)


Les ateliers doivent aussi réévaluer leur système d’approvisionnement en air comprimé, afin que ce dernier réponde au débit d’air additionnel lié au séchage de la peinture à l’eau. La capacité des compresseurs doit être en mesure d’approvisionner la totalité des besoins de l’atelier avec une pression d’air constante et un débit d’air suffisant.

Un système efficace de purification et de filtration de l’air comprimé est nécessaire. L’air qui sert à vaporiser la peinture et l’air utilisé pour sécher la peinture à base d’eau doivent être dépourvus de toute forme d’impuretés. Les principaux contaminants sont les vapeurs d’huile, la silicone, la condensation et la poussière.


Une série de pistolets anti-corrosifs (chrome ou acier inoxydable) exclusivement réservés aux peintures à base d’eau est nécessaire et obligatoire.

Les godets de peinture en plastique sont pratiquement obligatoires pour la peinture à base d’eau, malgré que certains manufacturiers proposent des godets en acier inoxydable. Certains fournisseurs proposent un système de préparation de peinture entièrement compatible avec les produits à base aqueuse (comme par exemple, le système PPS de 3M).

Un système et des équipements résistants à la corrosion pour le lavage des pistolets et autres accessoires pour les peintures à base d’eau sont nécessaires. Certains fournisseurs proposent des laveuses qui incluent le recyclage de l’eau de nettoyage par la méthode de coagulation (DRESTER 1000, distribué par Caruk & Associates).

Une nouvelle famille de produits de nettoyage à base d’eau devra être utilisée pour les pistolets et autres équipements qui servent à la préparation et à la vaporisation de la peinture à base d’eau.

Certains produits de peinture à base d’eau doivent être maintenus en tout temps au-dessus du point de congélation. Une aire d’entreposage chauffée et des rénovations peuvent s’avérer nécessaires, tout dépendant des installations existantes dans l’atelier et du manufacturier de peinture choisi.

Un réservoir distinct pour la collecte des excédents de peinture à base d’eau doit être prévu. Rappelons qu’il n’est pas recommandé de mélanger les résidus de produits à base d’eau avec ceux provenant des peintures traditionnelles à base de solvant.

Il faut prévoir une période de planification préalable à la conversion vers la peinture à base d’eau. Durant cette période, qui peut s’étendre sur une durée de plusieurs semaines, le propriétaire, en collaboration avec le manufacturier de peinture et le peintre, devra prendre le temps nécessaire à l’évaluation complète de ses besoins et de la capacité opérationnelle de son atelier.

Pour une période de trois mois environ, l’expérience en Europe le montre, la productivité des ateliers est affectée par le passage vers la peinture à base d’eau. Les coûts reliés à la baisse temporaire de productivité doivent être évalués individuellement. À plus long terme, la peinture à base d’eau et les nouveaux équipements peuvent toutefois augmenter la productivité.

L’énergie requise (électricité ou autre forme) nécessaire au séchage de la peinture doit être pris en compte par le carrossier. La demande additionnelle au niveau des compresseurs d’air et pour le chauffage de la cabine se traduisent en coûts supplémentaires. Chaque atelier devra évaluer individuellement sa consommation d’énergie pour mesurer l’impact de la technologie à base d’eau.